Dead end de Sainte-Monique

  

  

Balade à vélo avec mon amoureux qui me dit : « On pourrait aller jusqu’à Sainte-Monique… ».  Je suis sceptique. Ce petit village, voisin de celui de mon enfance, reste gravé dans mon souvenir comme un coin perdu qui n’aboutit nulle part. Un coin? Même pas en fait. Un dead end. Un village qui commence à peine et se termine trop tôt.  On passe par le Parc du Domaine Vert. Un sentier pour cycliste en pleine forêt, très ombragé, vallonneux. De grands pins tapissent le sol de leurs aiguilles rouges. Ça sent bon la terre humide, le bois. On ne peut pas s’y laisser distraire cependant. Le sentier sinueux nous rappelle vite à l’ordre! On s’arrête pour respirer, mais comme j’ai omis le chasse-moustiques, la pause sera de courte durée ; les maringouins veillent au grain de ma peau et s’en emparent aussitôt. On repart. Arrivés au bout du bois, deux sentiers s’offrent à nous : à gauche, Saint-Augustin, à droite, Sainte-Monique. On se décide pour Sainte-Monique, non sans avoir averti mon amoureux : « Je te préviens, si ça n’a pas changé, il n’y a rien dans ce village… » . Ça ne fait rien, on va-t-y voir ce rien. Sortis de la forêt, on traverse au travers de deux champs de cultures. Une piste large, tranquille, tapissée de petits graviers. Nous roulons, côte à côte, sans danger. Soudain, la forte odeur sucrée des fraises mûres nous titille les papilles! Sur notre gauche, s’étend un champs où les fraises rouges et lustrées nous narguent de leur beauté. L’envie de s’arrêter et d’en chaparder… , mais non, nous continuons notre route, direction le village. Au bout de la piste, la rue principale ; la rue Saint-Jean.  Quelques maisons entourées de grands champs. Peu de maisons, beaucoup de grands champs! Aucun magasin. Aucune affiche. Finalement, une église, de moyenne dimension, à côté de laquelle gît le presbytère, en pierres des champs, qui manque visiblement de soin. Des deux par quatre posés de biais supportent le toît de la galerie qui menace de s’écrouler. Mesure temporaire? L’église surprend. Elle est d’assez bonne dimension pour un si petit village. D’ailleurs, le microscopique cimetière en témoigne, peu de gens vivent et-ou vécurent ici… Tiens? Il y a un poste de police et un Hôtel de ville! Ici? Au milieu de nulle part? Oui, mais il s’agit de ceux de la ville de Mirabel qui comprend plusieurs petites municipalités. Mais pourquoi les avoir construits là? Dans un village qui n’aboutit pas, qui ne débouche nulle part? Parce que, comme je me le rappelais, la rue principale est un cul-de-sac… On ne traverse pas Sainte-Monique, on rebrousse chemin! 

Au retour, nous avons voulu revenir par une autre route. Tiens! Pourquoi pas Saint-Janvier? C’était sans compter la vitesse des voitures et des camions sur ces routes de campagne! La vitesse? Limitée à 90 km à l’heure! Autant se tirer une balle dans la tête… Retour par le petit bois. La mort attendra.

  

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