Chronique épistolaire: réponse à Lu

Pour Lu.

Lu a un blogue sur WordPress, un blogue inspirant où j’ai toujours envie de répondre longuement. Trop longuement. Voici donc la première d’une officielle longue série de “Réponse à Lu”:

Belle idée Lu! Quand je faisais de la suppléance dans les écoles primaires de mon quartier, il y a de ça quelques années, le moment le plus précieux était celui de l’heure du conte ; tous les petits assis par terre, les yeux vissés sur ma bouche, les oreilles grandes ouvertes. L’attente de l’image qui vient toujours avec la page, l’attente de la chute, de l’explication du mot nouveau quand l’oeil se fait point d’interrogation, les changements de voix pour chacun des personnages, de ton quand l’action se corse, tout cela ma foi me manque terriblement en te lisant! Et je ne parle même pas du temps où je lisais longuement à mes enfants ( chaque dodo d’après-midi, chaque dodo de nuit), les livres aux éditions de la Courte Échelle, les Martine (en dosant le sexisme et en inversant quelques rôles (surtout les Jean-Lou), les Comtesse de Ségur, toi! que d’heures de lecture, de joie aussi! Résultat? Ma fille de deux ans passait pour une grande lectrice et leurrait tout le monde quand elle prenait un livre et se mettait à lire à haute voix une histoire cohérente et inventée de toutes pièces au fur et à mesure en tournant les pages… À la bibliothèque, au comptoir d’un restaurant, des ados, des grand-parents essayaient de voir le texte en louchant subtilement, persuadés qu’elle “lisait” vraiment du haut de ses 2 ans!!! À l’école primaire, mon fils, qui a eu la même enseignante plusieurs années de suite, servait de dictionnaire pour la classe. Quand un élève voulait connaître la signification d’un mot, Francine, débordée, disait : “Demande à Gabriel!”. Gabriel, spontanément, expliquait. Non pas qu’il ait “lu” le dictionnaire jamais, mais simplement parce que, le mot, lui, il l’avait déjà entendu, dans un contexte qui lui en avait fait comprendre le sens, ou je le lui avais expliqué à un moment donné, en cours de lecture. J’ai toujours le nez fourré dans un dictionnaire, pas lui! Comme Obélix et la potion magique, mes enfants sont tombés dans la marmite des mots quand ils étaient petits et maintenant ils sont beaucoup plus calés que moi en vocabulaire, syntaxe et orthographe. Le plaisir qu’ils avaient, plus jeunes, et maintenant encore, à repérer mes erreurs! Ce qu’ils ignorent, c’est que j’en éprouve plus qu’eux de les savoir si outillés pour s’exprimer par écrit, mais aussi oralement. Ce sont de vrais orateurs qui peuvent te mettre K.O. n’importe quel importun : Pif-Paf! Tiens toi!. Pas les “poings”! Mais bien les “points” sur les “i”, puis les barres sur les “t”. Ça ne guérit pas les imbéciles qu’on doit se farcir, tu vas me dire, mais ça soulage quand même et ça n’envoie personne en prison, ni à l’hôpital, surtout si tu es un brin subtil et que tu as un vocabulaire souvent incompris des mécréants… Les grands mots ont un pouvoir infini, ce doit être de là que ça vient les formules magiques en baragouinage. Au fond, ce sont les paroles d’érudits qui font fuir les mauvais sorts de ce monde, non?

Pour connaître l’origine de cette réponse lisez Lu ici:

http://lavieparenavant.com/2013/08/20/une-24-qui-pousse-une-55-pour-lire-et-faire-lire/#respond

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